Last EXILE
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Chiaki Koichi : 2003, 26 épisodes, Studio GONZO. Design : Maeda Mahira et Murata Range

Claus

Histoire :

Sur la planète Prestale, deux nations (Anatoree et Dussis) s'affrontent sous le patronage d'une mystérieuse Guilde. Au plein milieu d'une bataille entre de gigantesques navires en suspension dans l'air, deux jeunes pilotes d'un vanship (véhicule volant léger), Claus et Lavi, vont se trouver mêlés au grand jeu d'échec qui doit décider de l'avenir de ce monde.

Héritant de la responsabilité d'une enfant, Alvis Hamilton, ils devront rejoindre le prestigieux navire Sylvana, commandé par Alex Rowe. Ce dernier, engagé dans une lutte sans merci contre la Guilde, va tenter d'assouvir ses désirs de vengeance, même si cela peut aller à l'encontre de sa loyauté envers le royaume d'Anatoree. Les ombres du passé - le souvenir des parents de Claus et Lavi- et les enjeux du présent - l'épuisement des deux nations -, vont décider d'un avenir dont un artefact, l'EXILE, semble constituer la pièce maîtresse.

Critique :

Cette série a été lancée pour les 10 ans du studio GONZO/Digimation (Blue Submarine 6, Sentou Yousei Yukikaze) et temoigne des progrès de ce dernier, tant dans le domaine technique que scénaristique.

Avec Maeda Mahira et Range Murata au design, on obtient un monde graphiquement très cohérent et original. Le design des vanship, ces sortes de petits chasseurs, emprunte aux carlingues dessinées par Junkerau début du 20e siècle, et les grands navires possèdent tous des formes spécifiques qui tiendrait des Dreadnoughts allemands si tout cela ne se passait pas dans les airs. Il est difficile de recenser tous les détails qui confèrent à cette série une originalité qui la distingue de toutes celles en cours de diffusion actuellement. Dans tous les cas, les designers ont fait un énorme effort.

L'animation aussi est de grande qualité, surtout pour une série télé, et le mélange des éléments 3D/2D, même s'il n'est pas toujours parfait témoigne de la maîtrise grandissante acquise par le studio GONZO.

Les scénaristes ne sont pas en reste. On ne trouve aucun scénariste connu dans le trio (Chiaki, Tamioka, Yamashita), mais ils ont réussi à tenir leur histoire d'un bout à l'autre, sans temps mort narratif, avec une progression dramatique constante à partir des épisodes 11 et 12. A part un ou deux cliffhangers téléphonés (la fin de l'épisode 24 est aberrante), tout s'enchaîne parfaitement. C'est d'autant plus remarquable que la multiplication des personnages et des intrigues secondaires faisait craindre le pire, mais tout trouve sa résolution à la fin. Il reste vraisemblablement des zones de flou, mais pour l'essentiel, la promesse de départ est respectée.

En aussi peu d'épisodes, et avec une intrigue si dense pour un monde totalement différent, on aurait pu croire que les personnages allaient être sacrifiés. Là encore, on ne peut qu'applaudir. Même si les personnages principaux font penser à des archétypes (Claus comme jeune héros fougueux, Alex Rowe comme copie d'Harlock/Albator, Sophia comme copie d'Electra), ils ont leur propre évolution qui permet d'oublier les modèles. La transformation de Sophia est à ce titre éclairante, puisqu'elle passe du statut de faire-valoir à personnage principal au cours de la série. Il est aussi indispensable de parler de Dio Elaclaire, le frère de la chef de la Guilde, Meastro Delphine. Ce personnage n'a pas de modèle clairement identifiable. Il fait penser tout d'abord à une version "masculine" de Dilandau (Escaflowne), par sa folie et ses réactions perverses. Mais l'histoire le voit évoluer pour devenir un personnage attachant et complexe, au destin dramatique. Aucun personnage n'est caricatural, à part peut-être Maestro Delphine, véritable symbole du méchant dénué de doutes.

Après visionnage de la série, que reste-t-il ? Au delà de l'histoire, ce que les scénaristes ont semblé vouloir transmettre c'est un peu de la mythologie qui entourait les exploits des premiers aviateurs. On y retrouve l'esprit des Mermoz, Saint-Exupéry, dans l'attachement du pilote et de son navigateur (pour ceux qui se poseraient la question de la relation entre Claus et Navi, qui n'est jamais explicitée, il faut se souvenir que dans _Vol de Nuit_, Saint Exupéry se servait de cette relation pour expliquer qu'aimer, c'est regarder dans la même direction".), et plus généralement, ce qui peut opposer la Guilde à Alex Rowe, Claus ou même Dio, c'est une philosophie du Ciel.

Pourquoi ces gens désirent voler ? Il ne s'agit pas seulement d'utiliser un moyen de locomotion, mais de transporter avec soi un mode de pensée, une relationau monde. Le Ciel offre une liberté, et tous les vanships partagent cette même liberté, elle est le fondement de leurs relations et ils la défendent envers et contre tout. Last EXILE est la série des sans-grade,des gens du commun comme Moran Shetland ou Donya Shea, qui veulent seulement survivre et se foutent des grands enjeux. Une série où le salut vient du rêve d'un enfant et non pas de celui d'une Reine.


  
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