MAMORU OSHII

Patlabor 1-The movie:

un Ingram en positionLa série des Patlabor est basée sur un principe fondamental : les héros sont les êtres humains et non les robots. A partir de ce principe, Oshii a su développer ses thèmes favoris et s'approprier l'oeuvre original (qui est de Masami Yûki et non de Oshii, hé) : l'opposition nature/civilisation, tradition/progrès. Mais chez Oshii, s'il y a thèse, antithèse selon la logique hégélienne, il y a aussi synthèse des deux. L'humanité, chez Oshii, ne doit pas choisir entre le retour à la nature et la civilisation, entre la tradition et le progrès, elle survit hésitante et fragile en tentant de limiter les dégats. Dans Patlabor, la voix de l'humanisme est représentée par le capitaine Goto, un flic redoutablement intelligent, mais qui cherche le repos et la tranquillité. Sa philosophie fataliste va se retrouvée confrontée à un informaticient E. Hoba, dont il est proche de partager la vision du monde. Mais Goto, contrairement à Hoba, veut laisser l'humanité poursuivre sa route même si elle mène à sa destruction : l'Homme se caractérise par sa liberté et son influence sur la nature. Personne ne peut décider ce qui est bon pour lui, de son destin. C'est pourquoi Goto combat Hoba : il faut laisser l'humanité décider de son avenir...

Résumé : 1999, le progrès de la technologie a produit des robots, les Labors, pour aider les hommes dans la plupart des tâches de construction. A Tokyo, le manque d'espace oblige a construire de nouvelles îles artificielles, c'est ainsi qu'est né le projet Babylone. Pourtant, depuis quelques temps, des cas étranges de folie des robots mettent à rude épreuve la police spéciale Patlabor. Cette section chargée de prévenir l'utilisation frauduleuse des Labors est conduite à enquêter sur l'informaticien E. Hoba, celui qui a mis au point le tout nouveau système d'exploitation des robots. Il semble que celui-ci ait installé un virus dans lequel le rôle du vent est essentiel. Impossible pourtant de l'interroger, il s'est suicidé en se jetant du haut de l'un des éléments du projet Babylone : l'Arche (l'usine des Labors). Ce sont donc les plans d'un mort que le capitaine Goto, et toute la patrouille de police doit déjouer. L'enjeu : la destruction de toute la civilisation humaine avec son urbanisation à outrance, la destruction des modes de vie traditionnels. Mais, n'est-ce pas déjà trop tard? Ironiquement, la civilisation peut être balayée d'un coup de vent...
 
 

Patlabor 2-The movie :

Nagumo pensiveLe second volet (ou le deuxième, puisqu'un troisième film est annoncé) est un festival du point de vue de la mise en scène et de l'animation. Le scénario possède peut-être moins d'ambiguïtés que le premier tout en posant une question plus importante : faut-il mieux une guerre juste ou une paix injuste? Le rythme lent, la quasi absence des Labors permet d'insister sur les humains et leur destinée. Cet opus est l'occasion pour Oshii de reprendre ses "visions", son écriture symbolique qui mêle la Nature (représentée par les oiseaux -la liberté-, l'eau, et...son chien) à la civilisation (paysages d'usines désaffectées, de ruines), sans pour autant les opposer. Chaque élément symbolique se répond et se complète harmonieusement. C'est pourquoi l'irruption de la violence et de la guerre apparaît aussi choquant. Combattre Tsuge, c'est aussi combattre cette violence volontaire et folle : l'humanité aspire à des solutions moyennes et imparfaites plutôt qu'à une guerre réelle qui mettrait tout à plat. C'est aux individus, à la jeunesse, qu'il convient d'améliorer la situation, de manière modeste mais solide et pacifique.

Résumé : En 2002, 3 ans après l'affaire Hoba, Tokyo est de nouveau en alerte. Un missile lancé par un avion, sans doute américain, a détruit l'un des ponts de Tokyo. Plusieurs indices montrent que les structures militaires et gouvernementales sont impliquées voire à l'origine de cet incident. Une grande crise diplomatique s'annonce dont l'issue est la guerre. Et si tout ceci n'était qu'un acte terroriste destiné à destabiliser l'Etat. Après une rapide enquête et l'aide des services secrets, le chef de la section Patlabor, Goto, apprend qu'un ancien instructeur militaire, Tsuge est derrière tout ça. Utilisant la corruption du système politique et militaire, il menace de faire éclater une nouvelle guerre. La collègue de Goto, Nagumo est prise entre son devoir et ses sentiments anciens pour Tsuge. Cependant, ce qui est en jeu, c'est l'avenir de l'humanité. Goto et ses hommes pourront-ils mettre fin à la menace Tsuge avant que son plan ne s'accomplisse. Une course contre la montre, et contre la guerre.

Ghost in the Shell :

Motoko KusanagiCe film, sorti en France en 1998, représente un pas important dans la diffusion de l'animation japonaise en France. Outre ses qualités graphiques et scénaristique, le film de Mamoru Oshii a influencé nombre de réalisateurs européens et américains. Les réalisateurs de Matrix y font ouvertement référence (avec le générique du film, et quelques scènes de combat). Néanmoins, Ghost in the Shell reste un film profondément japonais dans la forme et dans l'esprit. Il reste dans la même ambiance que Patlabor 2 et se révèle être plus le film du réalisateur Oshii, qu'une adaptation du manga de Masamune Shirow.
    Si l'on veut bien saisir les caractéristiques particulières des films d'animation japonais, une scène résume parfaitement : la séquence "urbaine". Alors que Motoko Kusanagi s'interroge sur sa personnalité, le film fait une pause pour décrire la ville, depuis les avions gros porteurs qui la survolent, jusqu'aux autobus s'arrêtant prendre des voyageurs. C'est une ville de fils électriques et de téléphones que l'on regarde à partir de différents moyens de transports et où les habitants se transforment en mannequins sous la pluie. Le passage est onirique, quasi-extatique mais riche d'informations et d'émotions.
    Le propos du film est bien évident là, dans cette impression d'inexistence dans un monde où l'information est partout, portée par le réseau et l'informatique en général. Dans le ballet des faux-semblants et des luttes internes du pouvoir, l'héroïne cherche à reprendre les rênes de sa vie et veut trouver les réponses à ses questions existentielles : lorsque le corps n'est plus qu'une construction technique et lorsque l'âme devient un fantôme ("Ghost"), que désigne-t-on lorsque l'on parle d'Humanité ? Si cette âme n'est qu'un reflet de connexions, que représente le réseau sinon une autre forme de conscience ?

Résumé : Début du XXI siècle, le major Motoko Kusanagi est en charge d'une équipe spécialisée dans la lutte contre le piratage informatique. Dans un monde où les mémoires humaines peuvent être infiltrées et piratées, les menaces sont grandes. Mais Motoko, comme la plupart des membres de son équipe, est le résultat d'une reconstruction. Ses capacités physiques sont artificiellement améliorées et seule son "âme", son Ghost a été conservé. Alors, lorsqu'un terroriste appelé "Puppet Master" clame être une émanation du réseau, le major en vient à se demander si elle est encore humaine.

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